Mathieu D’Amours sieur de Chaufours

Mathieu D’Amours, notre ancêtre

Mathieu D’Amours, sieur de Chaufours, fils naturel de Louis, écuyer et conseiller du roi au siège présidial du Châtelet à Paris et d’Élisabeth Tessier, est né en 1618 dans la paroisse Saint-Paul de la ville de Paris. Les ancêtres de Mathieu D’Amours appartenaient à la noblesse française et avaient possédé des seigneuries en Anjou. La seigneurie de Chaufours, située près d’Angers, avait été acquise en 1586 par Jean Damours, conseiller au parlement de Bretagne.

Mathieu obtint confirmation de ses lettres de noblesse le 10 décembre 1668, quelques années après son arrivée en Nouvelle-France. Sa famille pavoise « d’argent au sanglier de sable accompagné en chef d’un lambel de gueules et, en pointe, de trois fers de lance de sable rangés en fasce ».

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Dans son pays d’origine, Mathieu D’Amours avait choisi la carrière militaire. Ce qui lui valut, sans doute, dès son arrivée, d’être nommé Major de Québec et plus tard commandant d’un camp volant de quelques 200 hommes. C’est le 13 octobre 1651 qu’il débarque au port de Québec, accompagné de sa soeur Élisabeth, de son futur beau-frère Louis-Théandre Chartier de Lotbinière et très probablement sur le même navire que le gouverneur Jean de Lauzon.

Le 16 mars 1652, Mathieu signe, devant le notaire Rolland Godet, un contrat de mariage qui le lie à Marie Marsolet, fille du célèbre Nicolas, interprète des Français auprès des nations amérindiennes et de Marie Le Barbier. Le mariage sera célébré le 30 avril 1652 dans la paroisse Notre-Dame de Québec. De cette union naîtront 15 enfants dont 10 garçons qui prirent, selon la coutume des nobles, plusieurs titres tels sieur de Freneuse, de Clignancourt, de Louvière, de Plaine et de la Morandière.

mariage Mathieu

Dès, l’établissement du Conseil souverain en 1663, Mathieu y est nommé par le gouverneur de Saffray de Mézy et l’évêque Monseigneur de Laval. Il y demeurera jusqu’à sa mort. Cette fonction l’amènera parfois à affronter le gouverneur de Buade de Frontenac que l’on disait assez fort de caractère. Il assista à la première réunion, le 18 septembre 1663, entreprenant une longue carrière, puisqu’il fut membre du Conseil souverain jusqu’à sa mort. Mathieu fut mêlé à quelques incidents qui se produisirent au sein du conseil. Ainsi, dès le printemps de 1664, dans le conflit qui opposait le gouverneur à l’évêque, Mathieu fut du parti du gouverneur, et celui-ci le maintint dans ses fonctions. À la réorganisation du conseil, en décembre 1666, renomma le conseiller D’Amours. La carrière du conseiller fut dans la suite assez paisible, au moins jusqu’en 1681

Première séance du conseil souverain 1663-09-18

Mathieu D’Amours et Marie Marsolet s’installent d’abord chez les beaux-parents Marsolet. Puis ils achètent de ceux-ci en 1657 un emplacement et une maison double sur la rue Sous-le-Fort au coin de la rue Notre-Dame dans la Basse-ville de Québec. Devenu propriétaire, Mathieu prend une part active dans la paroisse et devient marguillier.

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Déjà propriétaire d’une terre à Beaupré acquise en 1653 et d’une autre à Gaudarville en 1654, où il fait bâtir une maison en 1666, Mathieu sera aussi intéressé par la traite des fourrures et la pêche commerciale. Le 8 novembre 1672, l’intendant Talon lui promet une concession sur la rivière Matane. Mathieu ne développa aucunement l’agriculture et ne fit aucune concession. Seules les ressources en poisson de la rivière Matane semblent avoir intéressé le seigneur, qui possédait par ailleurs une concession réputée prospère à la rivière Saint-Jean. Il reçut aussi une concession de l’intendant Duchesneau le 26 juin 1677, sur la rivière Métis, avec le droit de pêche sur le fleuve Saint-Laurent.

En avril 1681, Mathieu obtint un congé de traite et passa une partie de l’été dans sa seigneurie de Matane, d’où il revint avec une barque bien remplie. Dès son arrivée à Québec, il fut sommé de se présenter chez le gouverneur de Buade de Frontenac, qui lui reprochait d’avoir violé les termes de son contrat en rapportant plus de marchandises qu’il n’avait été autorisé à le faire. En dépit des protestations du conseiller, le gouverneur fit incarcérer Mathieu Damours, le 12 août 1681, dans l’une des chambres du château Saint-Louis. Malgré l’intervention des membres de sa famille et de ses amis, Damours ne fut relâché que plus de deux mois plus tard, le 20 octobre. C’était peut-être une vengeance de Frontenac contre un conseiller qui ne lui avait pas été trop sympathique l’année précédente au sein du conseil.

En 1684, il occupera les dernières années de sa vie à établir ses fils et à trouver des alliances avantageuses pour ses filles.

Après une vie bien remplie mais sans avoir acquis la richesse, Mathieu D’Amours, sieur de Chaufours, meurt à l’âge de 67 ans. Il sera inhumé le 9 octobre 1695 dans le caveau de l’église paroissiale de Notre-Dame de Québec. Son épouse Marie Marsolet décéda à Montréal le 24 novembre 1711.

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La crypte aménagée sous la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec héberge plusieurs fondateurs de la Nouvelle-France dans les cellules disposées de part et d’autre du couloir.



Ses origines françaises

  1. Mathieu D’Amours, sieur de Chaufours            Marie Marsolet, m. le 30 avril 1652 à Québec
  2. Louis D’Amours, conseiller au Châtelet            Élisabeth Tessier, épouse en droit commun, France
  3. Pierre D’Amours, seigneur du Serrin                Jeanne Le Prévost, m. en 1561 en France
  4. Gabriel D’Amours, seigneur du Serrin              Madeleine de Bédant, m. en 1531 à Saint-Germain, Paris
  5. François D’Amours, seigneur du Serrin            Guillemette Hennequin, m. en 1496 à Paris
  6. Mathurin D’Amours, seigneur du Serrin            Marguerite Bridée, m. vers 1450 à Paris

Extrait de Mathieu D’Amours, sieur de Chaufours. 1974, Réédité par l’AFDA, juillet 2001



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D’Amours dit Courbron/Colburn

Sur le chemin à Green Bay…l’histoire de la famille D’Amours de Courbron dans le Wisconsin

Par Marshall Colburn

Notre histoire commence avec René-Louis D’Amours, qui était le premier homme de la famille à prendre leditnom « de Courbron ». René-Louis était un petit-fils de Mathieu D’Amours et de son épouse, Marie Marsolet. En 1736, René-Louis s’est marié avec Angélique Couillard/Desprès à Montmagny dans la Côte-du-sud. Par ce mariage, René-Louis est devenu le seigneur du fief St.-Luc, dont Angélique avait hérité de son oncle, Jean-Baptiste Couillard.

Malheureusement, Angélique est morte en 1755. Durant cette même année, René-Louis s’est remarié avec Marie-Madeleine Pelletier.

Ils ont eu deux enfants, Jean-Baptiste-René et sa soeur, Marie-Madeleine.

Les fortunes de notre famille se sont dégradées au printemps, 1759, quand les Anglais sont arrivés au Québec. Pendant l’été suivant, René-Louis, un officier dans la milice de Montmagny, est parti pour Québec avec des compagnons d’armes pour défendre son pays.

Là, le 13 septembre, les Anglais ont vaincu la force française sur les Plaines d’Abraham.

Tout de suite après la bataille, René-Louis et trois autres officiers sont sortis de Québec pour rentrer chez eux. Ils sont arrivés à Montmagny le 14 septembre. Malheureusement, les Anglais, qui avaient incendié les propriétés à Montmagny la semaine précédente, étaient toujours là !! Après deux escarmouches, tous les Canadiens, y compris René-Louis, ont été tués.

Cette tragédie a changé à tout jamais l’avenir des héritiers du deuxième mariage de René- Louis, c’est-à-dire, sa femme, Marie- Madeleine Pelletier, et leurs enfants, Jean- Baptiste-René et sa soeur, car ils ont été exclus de la succession de la famille Couillard.

Donc, la famille de son deuxième mariage a tout perdu, y compris tous ses privilèges et toute estime.

Jean-François (D’Amours) dit Courbron, un fils de Jean-Baptiste- René, un petit-fils de René-Louis et mon arrière, arrière, arrière-grand-père est né à La Pocatière près de Montmagny en 1791. Il s’est marié avec Angélique St.-Amand. Je crois que François a dû mener une vie très difficile. Il n’avait ni argent ni terrain.

En plus, toute sa vie, François et sa famille ont reproché très fort aux Anglais les malheurs de la famille Courbron.

Alors, quelle était la catalyse qui a décidé Jean-François à quitter son pays à tout jamais? Je crois qu’il a pris cette décision à cause de son adhésion au Parti patriote. Louis-Joseph Papineau, chef du Parti patriote, était en faveur de la création d’une province indépendante de l’Angleterre. Je crois que François était d’accord avec les activités du Parti patriote.

La Rébellion de 1837 a été vite écrasée par les Anglais. Après cette défaite, beaucoup de Patriotes sont partis de Québec pour immigrer aux États-Unis.

A l’âge de cinquante ans, François a quitté son pays avec sa femme, Angélique, et sept de leurs enfants, probablement, en 1840. Leurs enfants les plus âgés sont restés au Québec.

Aujourd’hui, il y a beaucoup de descendants de François et d’Angélique qui habitent le long de la Côte-du-sud.

Théodore Courbron, un fils de Jean-François, et mon arrière-arrière-grand-père, avait à peu près 10 ans, quand sa famille est arrivée à Redford, New-York. La ville de Redford est près de la ville de Plattsburgh, New York, et Redford est aussi près du Lac Champlain. (À Redford, le patronyme, Courbron a été changé, probablement, à la suite de chaque recensement, en Coulbron, et Coulbron a été modifié en Colburn dans le Wisconsin.)

En 1851, Théodore s’est marié avec Céline Desmarais, une fille de Paul-Pierre Desmarais, un Patriote bien connu. Le premier fils de Théodore et de Céline, Marshall, mon arrière-grand-père, est né à Redford. Et peu après sa naissance, les familles, Colburn et Desmarais, ont décidé de partir pour Green Bay dans le Wisconsin.

Et pourquoi ? D’abord, parce que les Canadiens-Français connaissaient bien cette région, qui s’appelait la Baie verte (Green Bay.) Avant la Conquête, cette région faisait partie de la Nouvelle-France et, en fait, la ville de Green Bay a été fondée en 1685 par des missionnaires jésuites français.

Deuxièmement, le Wisconsin était devenu légalement un état des Etats-Unis et beaucoup de terres, à un prix très bon marché, étaient disponibles.

Marshall Colburn est devenu fermier dans la petite ville qui s’appelle «Stiles» près de la ville de Green Bay. Il a épousé Ida Mae Le Mieux et leur enfant aîné, Enos, est né en 1875. C’ést lui, mon grand-père. Enos a passé seulement trois ans à faire des études dans les écoles publiques. Malgré cette limitation, c’était un homme d’affaires très reconnu à Green Bay. Il était aussi très actif dans les activités civiques de Green Bay.

Aujourd’hui, en son honneur, il y a même un grand parc qui s’appelle «Le Parc Colburn». Enos a épousé Martha Schrubbe et mon père, Ralph, est né en 1910. Mon père était aussi un homme d’affaires et aussi très avisé. Il a épousé, Ruth Taylor. Et voilà– aujourd’hui, me voici, leur fils. Un dernier mot à propos de mon père. C’était un historien extraordinaire. Le travail de mon père et celui du Père Albert D’Amours nous ont gardé l’histoire de notre famille et ils l’ont racontée d’une façon exquise. Pour cela, notre famille doit toujours leur en être très reconnaissante.